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L’événement et la place de la Guinée
Le 4 février 2026, les États-Unis ont accueilli le Ministerial 2026 sur les minéraux critiques au Département d’État à Washington. Le secrétaire d’État Marco Rubio, rejoint par le vice-président JD Vance, le secrétaire au Trésor Scott Bessent, le secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum, le secrétaire à l’Énergie Chris Wright et le représentant commercial américain Jamieson Greer, a accueilli des représentants de 54 pays et de la Commission européenne, dont 43 ministres des affaires étrangères et autres ministres.
Les pays africains participant à ce ministerial sur invitation étaient l’Angola, la République démocratique du Congo, la Guinée, le Kenya, le Maroc, la Sierra Leone et la Zambie. Les États-Unis ont signé de nouveaux cadres bilatéraux ou MoU sur les minéraux critiques avec la Guinée et le Maroc. La Guinée faisait partie des onze pays avec lesquels les États-Unis ont signé un mémorandum d’entente, un accord-cadre ou un accord similaire de coopération sur les minéraux critiques lors de l’événement.
Le cadrage de Washington était explicite sur la logique stratégique. Le vice-président Vance a déclaré dans ses remarques d’ouverture : « Nous savons qu’aujourd’hui le marché international des minéraux critiques est défaillant. Il échoue à créer des marchés domestiques ou des emplois dignes pour nos forces de travail, et il échoue à garder nos nations en sécurité. Les chaînes d’approvisionnement restent fragiles et exceptionnellement concentrées. »
Ce que le cadre MoU couvre
Ces cadres posent les bases pour que les nations collaborent sur les défis de prix, stimulent le développement, créent des marchés équitables, comblent les lacunes dans les chaînes d’approvisionnement prioritaires et élargissent l’accès au financement. Le gouvernement américain a positionné les accords dans un effort de mobilisation plus large : le gouvernement américain soutient des projets avec plus de 30 milliards de dollars en lettres d’intérêt, investissements, prêts et autres soutiens au cours des six derniers mois en partenariat avec le secteur privé.
L’administration Trump a également proposé un bloc commercial sur les minéraux critiques et une zone commerciale préférentielle pour restaurer la compétitivité du marché mondial. Le président Donald Trump a ordonné la création du Project Vault le 2 février, une réserve de minéraux critiques destinée à maintenir un approvisionnement en métaux clés nécessaires aux entreprises privées.
Pourquoi la Guinée était à la table
La présence de la Guinée à un ministerial sur invitation qui ne comptait que sept pays africains reflète son poids objectif dans le tableau mondial des minéraux critiques. Le pays détient les plus grandes réserves mondiales de bauxite, représentant environ 25% de l’approvisionnement mondial, et son gisement de minerai de fer de Simandou représente l’une des plus grandes réserves non développées de minerai de fer de haute qualité de la planète. L’exploration du lithium est active dans le corridor sud-est du pays. Dans le contexte d’une stratégie américaine explicitement conçue pour réduire la dépendance aux chaînes d’approvisionnement dominées par la Chine pour les métaux de batteries, les intrants d’aluminium et les minéraux stratégiques, la dotation géologique de la Guinée en fait un partenaire naturel.
Le MoU avec les États-Unis n’est pas le premier signal d’intérêt occidental pour le portefeuille minéral guinéen. Le Gouvernement de la République de Guinée, sous la conduite du Président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, a systématiquement élargi ses partenariats internationaux depuis l’adoption du programme Simandou 2040. Le sommet Africa Forward à Nairobi en mai 2026 et l’Africa CEO Forum à Kigali ont démontré que le Président de la République a porté le même message d’investissement à travers de multiples grands rassemblements simultanément. Le MoU américain ajoute une ancre occidentale stratégique à un portefeuille de partenariats qui comprend déjà des opérateurs chinois via les joint-ventures SimFer et BWCS, du capital souverain du Golfe, et des groupes industriels européens.
Lire la logique de diversification
Pour la Guinée, signer avec Washington ne représente pas un pivot en s’éloignant des partenaires existants. Cela représente l’ajout d’un contrepoids significatif. Le projet Simandou est actuellement structuré autour du financement chinois et des intérêts industriels chinois. Le secteur de la bauxite est dominé par des opérateurs chinois. L’exploration du lithium a attiré à la fois du capital australien et chinois. Le MoU américain crée un cadre formel pour l’engagement américain à un moment où Washington déploie des instruments financiers significatifs pour concourir à l’accès aux minéraux critiques à l’échelle mondiale.
La question pratique est ce qui suit le MoU. Le Ministerial sur les minéraux critiques s’est terminé avec un plan pour des discussions ultérieures sur une zone commerciale préférentielle pour les minéraux critiques et un plancher de prix pour encourager la production et décourager le dumping de minéraux à bas prix. Mais les négociations se dérouleront sur plusieurs mois, et certains pays producteurs pourraient être réticents à défier la Chine.
La Guinée n’est pas dans cette position de réticence. Son gouvernement a été explicite sur le fait qu’il entend gérer sa richesse minérale à travers des partenariats diversifiés plutôt que par la dépendance à un seul acteur externe. Le MoU américain formalise un canal que Conakry s’est employé à établir. S’il se traduit par un financement concret de projets, des investissements dans la transformation ou un soutien en infrastructure sera la mesure de sa valeur réelle. Les accords-cadres créent des conditions. Les décisions d’investissement convertissent ces conditions en résultats.