Nimba Mining et Resolute créent une coentreprise aurifère en Guinée, Landaya Gold

Resolute Mining et la société minière publique guinéenne Nimba Mining Company ont formé une coentreprise, Landaya Gold, basée à Conakry, afin d’évaluer, d’explorer et éventuellement de développer des zones aurifères en Guinée. L’annonce, faite vendredi, fait passer les deux entreprises au-delà du cadre convenu dans un protocole d’accord signé en mars, en vertu duquel les équipes techniques s’étaient engagées à rendre compte des cibles d’exploration minérale dans un délai de 90 jours.

Il s’agit du premier partenariat de Nimba avec un producteur d’or coté à l’international. Cela s’inscrit dans l’ambition affichée de la Guinée, dans le cadre de son programme Simandou 2040, de diversifier les revenus miniers de l’État au-delà de la bauxite. Resolute exploite déjà deux mines dans la région, Syama au Mali et Mako au Sénégal, et développe le projet Doropo en Côte d’Ivoire. Une implantation en Guinée ajouterait un quatrième actif en Afrique de l’Ouest, et potentiellement la quatrième mine en exploitation de l’entreprise au total.

Les deux parties présentent l’accord sous l’angle du contenu local et de la captation de valeur par l’État. Le directeur général de Nimba, Patrice L’Huillier, a déclaré que l’entreprise commune renforcerait l’expertise locale et créerait de la valeur à long terme pour l’État et les communautés. Resolute a indiqué que ce même partenariat pourrait soutenir cette quatrième mine, reliant ainsi son propre pipeline de croissance à la volonté de la Guinée de formaliser la participation de l’État dans des projets menés avec des opérateurs étrangers, une approche déjà visible dans la bauxite à travers l’accord exclusif d’enlèvement de l’État avec Glencore. La distinction à retenir est la suivante : la création de Landaya Gold met en place un véhicule pour explorer et évaluer, et non un engagement à construire une mine. Aucune estimation de réserves, aucun chiffre sur les ressources ni aucun calendrier de développement n’ont été publiés.

Le test à court terme sera de savoir si les équipes techniques de la coentreprise identifient des cibles justifiant le passage de l’évaluation à un accord de développement contraignant, et si ce processus respecte les échéances fixées en mars. À plus long terme, l’entreprise commune constitue un élément supplémentaire du pari plus large de la Guinée — également visible dans son appel d’offres sur la bauxite avec Glencore et dans sa convention minière distincte avec Nimba — selon lequel la formalisation de partenariats liés à l’État avec des opérateurs internationaux établis peut accélérer la diversification sans céder le contrôle total de la base de ressources.