Les Nations Unies ont reconnu l’Initiative intégrée de résilience du Sahel comme l’un des trois nouveaux fleurons mondiaux de la restauration, annoncés lors d’un événement de haut niveau à la 17e session de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP17), qui s’est ouverte cette semaine à Oulan-Bator, en Mongolie. L’initiative, dirigée par le Programme alimentaire mondial avec les gouvernements, les communautés, les agences des Nations Unies et les partenaires donateurs au Burkina Faso, au Tchad, au Mali, en Mauritanie et au Niger, a réhabilité plus de 335 000 hectares de terres dégradées et soutenu la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de plus de quatre millions de personnes depuis 2018.
Cette reconnaissance s’inscrit dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes, menée conjointement par le PNUE et la FAO, avec le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement comme principal donateur de l’initiative, aux côtés du Canada, du Royaume-Uni, du Danemark et de la Suisse. Le programme du Sahel est l’une des 30 initiatives de restauration reconnues par l’ONU depuis 2022, faisant partie d’un total combiné de près de 20 millions d’hectares déjà en cours de restauration dans le monde et d’environ 75 millions d’hectares engagés.
La méthode du programme relie directement la restauration des terres à la sécurité alimentaire plutôt que de les traiter comme des volets distincts : structures de collecte de l’eau, agroforesterie et techniques de conservation des sols telles que les fosses zaï et les cordons pierreux, associées à l’alimentation scolaire et à un soutien nutritionnel. Le suivi propre du PAM montre un effet mesurable. Sur l’ensemble des sites suivis par satellite, les trois quarts ont enregistré une amélioration des conditions des sols et de la végétation, et la part des ménages participants ayant besoin d’une aide alimentaire humanitaire entre les récoltes est passée de 44 % en 2020/21 à 33 % en 2024/25. Le directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Kinday Samba, a déclaré que la priorité est désormais d’accroître les investissements afin de renforcer une résilience durable, décrivant les terres restaurées comme une base pour la sécurité alimentaire à long terme dans la région.
Le moment choisi donne à cette reconnaissance plus de poids qu’une simple cérémonie ne le laisserait penser. On estime que 7,4 millions de personnes seront confrontées à une insécurité alimentaire de niveau crise ou pire dans l’ensemble du Sahel pendant la période de soudure de juin à août 2026, alors même que cette initiative précise fait état de progrès mesurables là où elle opère. Cet écart est le véritable signal : la preuve qu’un modèle financé et bien documenté peut restaurer les terres et réduire la dépendance à l’aide à une échelle significative, dans une région où les besoins humanitaires continuent de dépasser les financements disponibles. Le statut de fleuron valide le modèle. Il n’apporte pas, à lui seul, de nouveaux financements, et la propre formulation du PAM indique que c’est l’investissement, et non la reconnaissance, qui détermine réellement si le programme change d’échelle.
Pour les publics institutionnels et du financement du développement qui suivent les programmes au Sahel, il s’agit d’un cas de référence concret pour une structure de financement spécifique : pilotée par le PAM, multi-donateurs, mixte, mise en œuvre dans cinq États, et désormais dans une deuxième phase jusqu’en 2028 visant une expansion supplémentaire. C’est un repère utile pour tout État ou partenaire structurant un financement de la restauration des terres ou de la résilience, y compris les États côtiers exposés aux risques de débordement du Sahel.
À surveiller ensuite : si le statut de fleuron attire de nouveaux engagements de donateurs au-delà de la base actuelle de partenaires, si la phase 2023-2028 atteint son objectif घोषित de restaurer 475 000 hectares d’ici 2030, et dans quelle mesure ces gains en matière de sécurité alimentaire résistent à la dégradation des perspectives pour la période de soudure de 2026.