Petrobras signe huit contrats de partage de production pour des blocs offshore en Côte d’Ivoire

L’État de Côte d’Ivoire, Petroci Holding et le groupe brésilien Petrobras ont signé huit contrats de partage de production le 17 septembre 2026 à Abidjan, couvrant des blocs offshore dans la partie occidentale du bassin sédimentaire ivoirien, selon le document officiel déposé par Petrobras auprès du régulateur américain des marchés financiers.

Ce que couvrent les contrats

Les huit blocs, CI-513, CI-600, CI-601, CI-602, CI-603, CI-605, CI-701 et CI-702, s’étendent sur environ 34 000 km² en eaux profondes. Petrobras Netherlands B.V., filiale détenue à 100 % par Petrobras, les exploitera avec une participation de 90 %. Petroci Holding détient les 10 % restants, avec une option payante lui permettant d’augmenter sa participation de 15 % supplémentaires, ce qui pourrait porter sa part totale à 25 %, selon Linfodrome. La signature a eu lieu au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, en présence du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, et du ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, selon l’Agence Ivoirienne de Presse.

Ce que cela signifie sur le plan financier

Les accords comprennent un bonus de signature total de 24 millions de dollars réparti sur les huit blocs. Le ministre des Mines a annoncé plus de 250 milliards de FCFA d’investissements en première phase, destinés à l’acquisition de données sismiques de nouvelle génération et au forage d’au moins huit puits en eaux ultra-profondes, selon Alwihda Info. Il s’agit d’un engagement annoncé, et non encore d’un décaissement : le rythme réel des campagnes sismiques et des forages déterminera si ce montant se traduit par des dépenses effectives.

Pourquoi Petrobras, et pourquoi maintenant

Selon sa propre déclaration réglementaire, Petrobras cible des « zones d’exploration à fort potentiel le long de la marge équatoriale africaine » dans le cadre d’une stratégie de renouvellement des réserves couvrant de nouvelles frontières d’exploration au Brésil et à l’étranger. La présidente de l’entreprise, Magda Chambriard, a mis en avant les similitudes géologiques avec les propres bassins sédimentaires du Brésil pour justifier cette décision. Sylvia Anjos, directrice exploration et production de Petrobras, a assisté à la signature.

Ce que cela dit de la stratégie ivoirienne

Avec ces huit contrats, le taux d’occupation du bassin sédimentaire national atteint désormais 75 %, soit environ 63 000 km² couverts par des activités de production, d’évaluation ou d’exploration. Le ministre Sangafowa-Coulibaly a déclaré que le pays se rapproche ainsi de son objectif de porter progressivement ce taux à 100 %.

Cette initiative s’inscrit dans une séquence plus large. Une semaine plus tôt, le Conseil des ministres a autorisé la création de Petroci CI-26, première filiale publique de Côte d’Ivoire dédiée exclusivement à la production pétrolière, chargée de reprendre le champ Espoir, selon Forbes Afrique. La Côte d’Ivoire poursuit donc deux axes parallèles : attirer de nouveaux opérateurs internationaux dans l’exploration en eaux profondes tout en renforçant la capacité opérationnelle directe de sa compagnie pétrolière nationale sur des champs déjà en production.

Ce qui reste incertain

Ces contrats portent sur l’exploration, et non sur une découverte confirmée. Le risque géologique en eaux ultra-profondes demeure élevé, et aucun calendrier pour les premiers forages n’a été communiqué. Le prochain signal à surveiller sera de savoir si la thèse de Petrobras sur la continuité géologique entre les marges brésilienne et africaine se confirme, et si Petroci exerce son option pour augmenter sa participation.