La Guinée entame une étude de terrain sur l’élargissement de l’autoroute Kankan-Kissidougou

Les travaux de levés topographiques au sol ont débuté cette semaine dans le cadre de l’élargissement prévu du corridor Kankan-Kissidougou en route express à chaussées séparées 2×2 voies. Le marquage de l’emprise a commencé sur un premier tronçon d’environ 15 kilomètres à Kankan, lancé depuis le camp de la 3e Région militaire de l’armée guinéenne, point de départ du corridor.

Cette phase de levés s’ajoute à un projet déjà en cours. La route Kankan-Kissidougou, longue de 185 kilomètres, a vu sa reconstruction officiellement lancée en décembre 2025 dans le cadre d’un contrat de 36 mois que le gouvernement a dit avoir attribué à trois entreprises guinéennes, Guicopres BTP, BEGEC TP SA et GUITER SA. Ce qui commence maintenant constitue une modernisation distincte : porter l’axe au standard de deux fois deux voies plutôt qu’une simple réhabilitation. Il s’agit d’un élément d’un programme plus large d’investissements routiers pour 2026 piloté par l’agence nationale des routes de Guinée, AGEROUTE, qui couvre également le corridor Kankan-Kérouané-Beyla-Sinko vers la frontière ivoirienne, un nouveau pont sur le fleuve Milo et l’autoroute à péage Kagbelen-Tanènè.

Le poids stratégique du corridor tient à ce qu’il relie, et pas seulement à sa longueur. Il relie la Haute-Guinée à la Basse-Guinée tout en servant de voie d’accès aux infrastructures portuaires guinéennes pour les pays voisins enclavés, en particulier le Mali. Cela s’inscrit dans l’objectif affiché par la Guinée pour 2040 de disposer de 2 000 kilomètres d’autoroutes et de 10 000 kilomètres de routes revêtues à l’échelle nationale, un objectif que ce projet est censé faire progresser de manière visible. Un point mérite d’être signalé plutôt que passé sous silence : les informations publiques sur l’identité du titulaire du contrat sont contradictoires. L’annonce gouvernementale de décembre 2025 citait les trois entreprises guinéennes mentionnées plus haut, tandis que le groupe de construction burkinabè Ebomaf a, séparément, communiqué sur son propre rôle dans la modernisation du corridor selon le même calendrier de 36 mois. TMG n’a pas pu confirmer, à partir des sources disponibles, comment ces deux versions s’articulent, ni si Ebomaf est un sous-traitant, un partenaire de coentreprise ou fait l’objet d’une revendication distincte, et considère donc cela comme une question ouverte plutôt qu’un fait établi.

À surveiller : si la phase de marquage s’étend au-delà de son tronçon initial de 15 kilomètres selon un calendrier cohérent avec l’ensemble du corridor, si une déclaration officielle clarifie la structure contractuelle, et si ce projet respecte mieux son calendrier que le programme routier guinéen ne l’a historiquement fait, compte tenu du nombre de corridors qu’AGEROUTE pilote désormais simultanément.