Kigali accueille les 14 et 15 mai 2026 la 14e édition de l’Africa CEO Forum. Plus de 2 500 décideurs venus de tout le continent et au-delà font le déplacement, ce qui en fait l’un des rassemblements annuels les plus importants du secteur privé africain.
L’édition 2026 s’articule autour d’un thème direct : « The Scale Imperative: Why Africa Must Embrace Shared Ownership. » La formule n’est pas un emballage diplomatique. Elle pose une question concrète que les milieux d’affaires africains esquivent depuis des années : comment construire des entreprises et des marchés capables d’opérer à l’échelle continentale, plutôt que de rester fragmentés le long des frontières nationales.
Le forum est organisé par le groupe Jeune Afrique Media Group et co-organisé par la Société Financière Internationale. Le Rwanda l’accueille pour la troisième fois. Ce n’est pas anodin : cela dit quelque chose sur le positionnement du pays comme plateforme de dialogue économique de haut niveau sur le continent.
Parmi les participants confirmés figurent plusieurs chefs d’État, dont les présidents Kagame et Tinubu, ainsi que des ministres, des responsables institutionnels et des dirigeants du secteur privé venus de plus de 75 pays. La Guinée sera également représentée au plus haut niveau, avec la présence du président de la République, Mamadi Doumbouya. Investi en janvier 2026 à l’issue de son élection, le président Doumbouya envoie un signal clair : la Guinée entend prendre toute sa place dans les conversations économiques continentales, à un moment charnière de sa transition.
La concentration de décideurs en un même lieu, sur deux jours, constitue la valeur centrale du format. Elle compresse les délais d’accès et accélère des conversations qui prendraient autrement des mois à organiser.
La première journée sera marquée par une session Invest in Rwanda, centrée sur les secteurs prioritaires, avec des signatures d’accords et des engagements stratégiques entre acteurs publics et privés. La deuxième journée élargira la discussion aux dynamiques continentales : investissement transfrontalier, structures de capital partagé, modèles d’entreprise à grande échelle.
Pour les dirigeants présents, la question n’est plus de savoir si l’Afrique dispose des actifs nécessaires à sa croissance. Cet argument a été fait. Ce qui est mis sur la table cette semaine, c’est de savoir si le secteur privé continental est prêt à construire les structures, les partenariats et les modèles de propriété que cette croissance requiert réellement.
C’est une conversation plus difficile. Et elle se tient à Kigali.