Les six filiales du Groupe Bank of Africa (BOA) cotées à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) ont présenté leurs résultats au terme de l’exercice 2025, lors d’une cérémonie organisée à Abidjan. Le message est clair : ces entités bancaires, implantées au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger et au Sénégal, affichent une performance solide, marquée par une hausse de 48,5% de leur capitalisation boursière cumulée, désormais supérieure à 1000 milliards Fcfa. Cette progression s’inscrit dans un contexte où l’indice composite de la BRVM progresse de 25,3%, avec un niveau record de mobilisation de 4200 milliards Fcfa.
Les résultats individuels confirment cette dynamique. BOA Côte d’Ivoire, par exemple, enregistre un résultat net de 35,5 milliards Fcfa en 2025, en hausse de 10,9%, avec un rendement sur fonds propres (ROE) de 30% et un coefficient d’exploitation de 36%. Les dépôts reculent légèrement de 0,7% à 850,5 milliards Fcfa, mais la banque dispose de 950 milliards de fonds propres et a doublé ses bénéfices et ses ressources par rapport à 2021. À l’échelle des six filiales, la capitalisation boursière cumulée dépasse 1000 milliards Fcfa, tandis que la masse bénéficiaire atteint 108,3 milliards Fcfa. À l’exception de BOA Niger, toutes les filiales ont distribué un dividende brut cumulé de 99 milliards Fcfa, en hausse de 12,4%, avec un rendement par action variant entre 8,2% et 12,1%, nettement supérieur à la moyenne du marché fixée à 5,7%.
Un virage stratégique vers les PME
La performance des six filiales BOA à la BRVM s’explique en grande partie par leur réorientation stratégique vers les petites et moyennes entreprises (PME). Cette cible représente un segment clé du financement de l’économie ouest-africaine, souvent sous-bancarisé et porteur de croissance. Les filiales BOA ont intensifié leur offre de produits et services adaptés aux besoins des PME, notamment en matière de crédit, de trésorerie et de solutions de paiement. Cette stratégie permet de diversifier les portefeuilles de crédit, de réduire la dépendance aux grands comptes et de renforcer la résilience face aux chocs économiques.
La réorientation vers les PME s’accompagne d’une amélioration de la qualité du portefeuille de crédit. Les encours de crédits agrégés des six filiales ont progressé de 5,1% à 2 348 milliards Fcfa en 2023, malgré une rétraction des dépôts agrégés de 1,9% à 3 324 milliards Fcfa. Cette dynamique témoigne d’une gestion prudente du risque et d’une capacité à générer des revenus dans un contexte de concurrence accrue. Les filiales BOA ont également renforcé leurs capacités d’analyse de crédit et de suivi des emprunteurs, ce qui contribue à maintenir un coût du risque maîtrisé.
Implications pour le financement de l’économie
Le succès des six filiales BOA à la BRVM a des implications importantes pour le financement de l’économie ouest-africaine. En premier lieu, il renforce la capacité des banques à mobiliser des ressources locales via la bourse, ce qui réduit la dépendance aux financements externes et améliore la stabilité financière. La hausse de 48,5% de la capitalisation boursière cumulée en un an témoigne de la confiance des investisseurs dans la stratégie de BOA et dans la croissance de la région. Cette confiance se traduit par des dividendes élevés et un rendement attractif, ce qui incite les investisseurs à maintenir ou à augmenter leurs positions.
En second lieu, la réorientation vers les PME contribue à dynamiser l’entrepreneuriat et l’innovation. Les PME sont des moteurs de création d’emplois et de croissance, mais elles rencontrent souvent des difficultés d’accès au financement. En ciblant ce segment, les filiales BOA soutiennent la création de valeur ajoutée et la diversification économique. Cette dynamique peut également encourager d’autres acteurs bancaires à suivre le même chemin, ce qui renforce la compétitivité du secteur financier.
Enfin, la performance des six filiales BOA à la BRVM renforce la position de la BRVM comme plateforme de financement régional. La bourse devient un outil clé pour les entreprises et les institutions financières souhaitant lever des fonds et accroître leur visibilité. Cette évolution peut attirer de nouveaux émetteurs et élargir la base d’investisseurs, ce qui contribue à la profondeur et à la liquidité du marché.
Projections et incertitudes
L’avenir des six filiales BOA à la BRVM dépend de plusieurs facteurs. La stabilité politique et économique de la région est cruciale, car les chocs politiques peuvent affecter la confiance des investisseurs et la performance des banques. BOA Niger, par exemple, a connu une baisse de 6,8% de son cours en 2023 en raison des évolutions politiques du pays. Les filiales devront donc continuer à renforcer leur résilience et à diversifier leurs portefeuilles pour atténuer les risques.
La concurrence bancaire s’intensifiera également, avec l’entrée de nouveaux acteurs et la digitalisation des services financiers. Les filiales BOA devront innover pour maintenir leur avantage concurrentiel, notamment en matière de produits numériques et de services à valeur ajoutée. La régulation financière jouera également un rôle important, en encadrant les pratiques de crédit et en garantissant la stabilité du système.
En conclusion, les six filiales de BOA cotées à la BRVM s’imposent comme des acteurs clés du financement de l’économie ouest-africaine, grâce à leur virage stratégique vers les PME et à leur performance boursière remarquable. Cette réussite ouvre des perspectives prometteuses pour la croissance régionale, mais elle nécessite une gestion prudente des risques et une adaptation continue aux évolutions du marché.