CONAKRY – La Compagnie du TransGuinéen (CTG) vise à faire du corridor de Simandou un véritable moteur de développement économique pour la Guinée. À l’occasion de son quatrième anniversaire, célébré ce vendredi 31 juillet 2026 à Conakry sous le thème « Quatre ans sur les rails de la transformation », l’entreprise a annoncé de nouvelles ambitions en matière de contenu local, d’emploi et de transfert de compétences.
Créée le 27 juillet 2022, la CTG affirme avoir connu une croissance rapide. D’une structure qui comptait moins de dix employés à sa création, elle emploie désormais plus de 120 salariés, dont plus de 70 % de Guinéens, selon son directeur général adjoint, le Dr Moussa Bérété.
Pour les trois prochaines années, l’entreprise prévoit principalement de consacrer plus de 500 millions de dollars aux entreprises guinéennes. Ce budget vise à accroître leur participation aux marchés liés au développement et à l’exploitation du corridor transguinéen.
La stratégie annoncée repose sur trois axes : faciliter l’accès des entreprises nationales aux marchés, favoriser l’emploi des Guinéens et accélérer le transfert de compétences et de technologies. La CTG affirme également vouloir accompagner les entreprises locales afin qu’elles acquièrent une expertise suffisante pour participer à d’autres grands projets d’infrastructure en Afrique.
L’emploi constitue l’autre grande priorité affichée. Les effectifs de la CTG devraient dépasser les 400 employés d’ici la fin de 2026, avec un taux de « guinéanisation » supérieur à 70 %. À terme, l’entreprise annonce la création de plus de 3 900 emplois directs pour les Guinéens.
Pour faciliter la montée en responsabilité des cadres nationaux, l’entreprise a mis en place un dispositif de transfert de compétences. Le principe consiste à associer un cadre guinéen à chaque expatrié occupant un poste stratégique, afin de préparer progressivement sa relève sur une période d’un à deux ans.
La CTG prévoit également d’investir plus de 25 millions de dollars au cours des trois prochaines années dans le renforcement des capacités des institutions nationales, la formation, le transfert de technologies et le développement des compétences locales.
Ces annonces interviennent alors que le corridor transguinéen entre dans une nouvelle phase avec le démarrage officiel de ses opérations le 11 novembre 2025.
L’infrastructure comprend notamment 650 kilomètres de voies ferrées multi-usagers et les installations portuaires de Moribaya. Celles-ci comprennent deux postes minéraliers capables d’atteindre une capacité de 120 millions de tonnes par an à plein régime, ainsi qu’un quai commercial pouvant traiter jusqu’à 2,5 millions de tonnes de marchandises et d’équipements par an.
Pour les autorités, ces infrastructures dépassent désormais la seule fonction d’évacuation du minerai. Elles doivent contribuer à l’intégration territoriale, au développement des échanges et à l’industrialisation du pays dans le cadre de la vision Simandou 2040.
Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a rappelé les principales étapes du projet, depuis les accords de mars 2022 jusqu’à la clôture financière de juillet 2024, avant le lancement des opérations en novembre 2025.
Après quatre années de construction et de structuration, l’enjeu pour la CTG est désormais de transformer les investissements liés à Simandou en bénéfices économiques durables : davantage d’entreprises guinéennes dans la chaîne de valeur, davantage d’emplois qualifiés et une expertise nationale capable de s’affirmer au-delà du projet Simandou.