En mars 2026, Resolute Mining a formellement approuvé la décision finale d’investissement pour le projet aurifère de Doropo, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, marquant selon la société une étape transformatrice vers la construction et la production. Cette décision est intervenue après l’obtention du permis minier auprès du Conseil des ministres ivoirien et l’achèvement d’évaluations techniques, économiques, environnementales et sociales confirmant la solidité économique et la viabilité du projet.
Les chiffres sont significatifs. L’étude de faisabilité définitive projette une production aurifère annuelle moyenne d’environ 170 000 onces sur 13 ans, soit 2,2 millions d’onces au total. Sur la base d’un prix de l’or conservateur à 3 000 dollars l’once, la valeur actuelle nette du projet atteint 1,46 milliard de dollars, avec un taux de rendement interne de 49 %. Aux cours actuels : largement au-dessus de 4 000 dollars l’once ces paramètres s’améliorent sensiblement.
Resolute prévoit d’investir entre 170 et 190 millions de dollars en 2026 pour lancer la construction, avec l’objectif de porter sa production totale au-delà de 500 000 onces d’ici fin 2028. Doropo deviendrait la troisième mine en opération dans le portefeuille ouest-africain de Resolute, aux côtés de Syama au Mali et Mako au Sénégal. Le projet a été acquis auprès d’AngloGold Ashanti en mai 2025, une transaction qui paraît aujourd’hui bien positionnée au regard de l’évolution des prix de l’or.
Ce que le timing dit de la Côte d’Ivoire
L’approbation de Doropo n’est pas un signal isolé. Elle intervient alors que la Côte d’Ivoire a consolidé sa position de juridiction minière la plus attractive d’Afrique de l’Ouest pour les nouveaux capitaux. Le projet est situé dans la région du Bounkani, à environ 480 kilomètres au nord-est d’Abidjan, à proximité de la frontière avec le Burkina Faso, dans un corridor qui a enregistré une activité d’exploration soutenue depuis une décennie. La décision du gouvernement ivoirien d’accorder un permis minier de 14 ans avec des dispositions d’extension envoie un signal délibéré de stabilité réglementaire, à un moment où plusieurs juridictions voisines naviguent entre renégociations de contrats et revendications de souveraineté.
Pour les investisseurs régionaux, le message est clair. La construction est prévue dans le premier semestre 2026, avec une durée de vie initiale estimée à environ 13 ans et des perspectives d’expansion et de développement régional supplémentaire. C’est un engagement de long terme de la part d’un opérateur disposant déjà d’une infrastructure ouest-africaine établie, et non un pari spéculatif. Le projet a simultanément franchi les obstacles techniques, environnementaux, sociaux et réglementaires — une combinaison qui reste rare sur le corridor.
Ce que la cible de production 2028 signale
L’objectif de première production en 2028 dépasse le seul bilan de Resolute. Il positionne la montée en puissance de Doropo dans un environnement de prix de l’or qui, si les trajectoires actuelles se maintiennent, sera particulièrement favorable aux nouveaux producteurs. L’objectif de 6 300 dollars l’once en fin d’année avancé par JPMorgan, même partiellement atteint, améliorerait substantiellement les rendements de Doropo par rapport aux hypothèses retenues dans l’étude de faisabilité.
Sur le plan structurel, le calendrier renforce la trajectoire de la Côte d’Ivoire comme producteur aurifère montant de la région. Le pays a dépassé le Mali pour devenir le troisième producteur d’or d’Afrique de l’Ouest plus tôt cette année, une évolution qui reflète à la fois la maturation des actifs existants et l’arrivée de nouveaux capitaux. Doropo, une fois en production, consolidera davantage cette position.
La question pour les observateurs régionaux est ce que l’engagement de Resolute en Côte d’Ivoire dit de la confiance des opérateurs plus globalement. La société entre dans la phase de construction avec une trésorerie nette de 209 millions de dollars, ce qui signifie que Doropo est construit depuis une position de solidité financière et non sous contrainte de financement. C’est le profil d’un projet qui entre dans le cycle au bon moment, avec le bon actif, dans la bonne juridiction.
Pour le corridor extractif ouest-africain, 2028 n’est pas seulement une date de production. C’est le marqueur autour duquel une part significative de la thèse d’investissement actuelle est en train de se structurer.