Exxaro Resources veut transporter davantage de manganèse par rail plutôt que par route en Afrique du Sud. La logique est simple : le transport routier coûte nettement plus cher, et la logistique représente désormais une part importante des coûts d’exportation.
Selon Exxaro, transporter du manganèse par route coûte 37% de plus que par rail. Les coûts logistiques représentent 43% des coûts free-on-board du minerai. Pour une industrie fondée sur les volumes, cela modifie directement l’équation des marges.
La logistique entre dans la courbe des coûts miniers
Le sujet n’est plus seulement la production. Il s’agit aussi de la capacité à déplacer le minerai du site minier jusqu’au port à un coût compétitif.
Exxaro s’est récemment renforcé dans le manganèse dans le cadre de sa diversification hors du charbon, vers des minerais liés à l’acier et aux chaînes de valeur de la transition énergétique. Mais la valeur de cette stratégie dépend aussi de l’efficacité du transport.
À la mine de Tshipi Borwa, environ 46% des volumes annuels de manganèse sont encore transportés par route. La mine exporte environ 3,5 millions de tonnes par an via les ports de Gqeberha et Saldanha. Cela signifie que plus de 1,5 million de tonnes restent exposées à des coûts routiers plus élevés.
Transnet devient une variable de marge
Exxaro travaille désormais avec Transnet pour augmenter la capacité ferroviaire. L’enjeu est important, car les contraintes du rail sud-africain sont devenues un point de pression récurrent pour les exportateurs de minerais en vrac.
Quand le rail sous-performe, les compagnies minières ne subissent pas seulement des retards. Elles font face à des coûts logistiques plus élevés, à une flexibilité opérationnelle réduite et à une compétitivité export plus faible.
Dans le manganèse, où les volumes sont élevés et les marges fortement liées au coût d’acheminement vers les ports, le mode de transport peut devenir aussi stratégique que la qualité du gisement.
Pourquoi c’est important
La stratégie ferroviaire d’Exxaro montre que l’histoire des minerais critiques africains ne se résume pas aux réserves, aux permis ou à la demande mondiale. Elle dépend aussi des corridors, du rail, des ports et de la maîtrise des coûts.
Pour les entreprises minières, la logistique devient un sujet de marge. Pour les États, elle devient un enjeu de compétitivité industrielle.
Si les systèmes ferroviaires ne peuvent pas absorber les flux de minerais en vrac, une partie de la valeur se perd avant même que les matières premières n’atteignent les marchés d’exportation.