La production de cacao du Ghana pour la saison 2025/26 a atteint environ 771 000 tonnes métriques, dépassant d’environ 19 % la prévision initiale du Ghana Cocoa Board (COCOBOD), fixée à 650 000 tonnes, selon un rapport examiné par Reuters le 23 septembre 2026.
Ce que montrent les chiffres
Le chiffre de 771 000 tonnes représente une hausse de 27,7 % par rapport aux 603 840 tonnes enregistrées lors de la saison 2024/25. COCOBOD s’attend à de nouveaux gains à moyen terme, selon le même rapport. Ce rebond fait suite à une période de fort déclin pour le secteur cacaoyer ghanéen : la production est tombée à environ 425 000 tonnes en 2023/24, un plus bas de deux décennies, avant de remonter à environ 600 000 tonnes en 2024/25.
Le contexte : une reprise à partir d’une base déprimée
Le secteur du cacao au Ghana n’a pas atteint ses objectifs de production pendant plusieurs saisons consécutives et n’a plus franchi le seuil du million de tonnes depuis 2021/22, lorsque la production s’élevait à environ 1,04 million de tonnes. Le recul intervenu entre-temps a été attribué au vieillissement des plantations de cacao, à la maladie du swollen shoot et à l’empiètement de l’exploitation aurifère artisanale illégale à petite échelle, connue localement sous le nom de galamsey, sur les terres cacaoyères. COCOBOD a également subi une forte pression financière : le conseil a réduit de 29 % son prix garanti au producteur en février 2026 et fonctionne sous le coup d’un audit judiciaire de passifs signalés comme proches de 60 milliards de GH₵.
Le mécanisme : ce qui explique ce dépassement
Le rapport examiné par Reuters ne détaille pas les facteurs précis à l’origine de la surperformance de cette saison. D’autres publications sectorielles ont évoqué des dates de début de campagne plus précoces que d’habitude, des précipitations plus favorables dans la ceinture de production ghanéenne et de meilleures pratiques de gestion des arbres, contribuant à une floraison plus vigoureuse et à un meilleur développement des cabosses. Aucune de ces explications ne provient toutefois du rapport de Reuters lui-même ; elles doivent donc être lues comme des éléments de contexte contributifs plutôt que comme une explication confirmée des moteurs spécifiques de cette saison.
L’implication qui complique la bonne nouvelle
Le même régulateur qui a dépassé sa prévision pour 2025/26 a par ailleurs signalé un retournement à venir. En juillet 2026, COCOBOD a projeté que la production de la saison 2026/27 pourrait reculer d’au moins 16 %, invoquant les effets météorologiques, le cycle naturel de fructification des cacaoyers et la pression des maladies. Lu à la lumière du résultat de cette saison, ce schéma suggère un rebond cyclique à partir d’une base fortement déprimée plutôt qu’une preuve que les problèmes structurels du secteur — l’âge des arbres, l’exposition aux maladies et la concurrence pour les terres due à l’exploitation minière illégale — ont été résolus. Une seule bonne saison ne suffit pas, à elle seule, à inverser plusieurs années de baisse des rendements à l’hectare, lesquels demeurent bien inférieurs aux niveaux atteints par les producteurs de cacao d’Asie du Sud-Est.
Ce qui reste incertain
Le rapport de Reuters est présenté comme fondé sur un document « examiné par Reuters », et non sur un communiqué de presse de COCOBOD ; les chiffres n’ont donc pas encore été confirmés par une annonce officielle du régulateur dans les documents disponibles. On ne sait pas encore clairement dans quelle mesure la hausse reflète une véritable amélioration des rendements, et dans quelle mesure elle reflète une base de comparaison plus faible ou des conditions météorologiques ponctuelles peu susceptibles de se répéter. La question de savoir si la révision à la baisse de COCOBOD pour 2026/27 se matérialisera effectivement, et ce que cela signifierait pour les prix au producteur et la position d’endettement du conseil, constitue le prochain point à surveiller.