La Guinée sécurise un accord d’enlèvement de bauxite avec Glencore et vise une raffinerie d’or avant la fin de l’année

La Guinée a fait progresser ce mois-ci deux volets distincts de sa stratégie minière : un accord d’enlèvement de bauxite de plus de 300 millions de dollars avec Glencore, signé à Paris le 7 septembre, et un engagement de Son Excellence Mamadi Doumbouya, pris à Abidjan le 14 septembre, à inaugurer avant la fin de l’année ce que Conakry présente comme la plus grande raffinerie d’or d’Afrique.

L’accord sur la bauxite

Nimba Mining Company, la société minière entièrement détenue par l’État qui exploite la mine de Tinguilinta et les installations portuaires de Kamsar, a signé l’accord avec Glencore à l’issue d’un appel d’offres international. Selon EcoFinance Guinée, il porte sur un préfinancement de plus de 300 millions de dollars et accorde à Glencore les droits de commercialiser 10 à 12 millions de tonnes de bauxite par an pendant cinq ans, soit 50 à 60 millions de tonnes sur la durée du contrat. Au cours de ses dix premiers mois d’activité, NMC a exporté plus de 4 millions de tonnes de bauxite et employé 381 salariés ainsi que 1 928 sous-traitants, selon la même source.

Le ministre des Mines, Bouna Sylla, a depuis déclaré à Reuters que l’accord pourrait servir de tremplin à des investissements plus larges de Glencore dans le secteur de l’aluminium en Guinée, notamment dans le raffinage de l’alumine et l’énergie. Cette lecture dépasse ce seul contrat : elle constitue un test direct de la stratégie affichée par Conakry visant à diversifier ses partenaires miniers au-delà de la Chine, qui absorbe actuellement la très grande majorité des exportations guinéennes de bauxite.

L’engagement sur la raffinerie d’or

S’exprimant depuis Abidjan lors de sa visite d’État en Côte d’Ivoire, Doumbouya a déclaré que la Guinée inaugurerait la Nimba Gold Refinery avant la fin de l’année, la présentant comme la plus grande du continent, avec une capacité de traitement de 2 000 kg d’or par jour, extensible à 4 000 kg en fonctionnement continu, selon Nasuba. L’annonce s’inscrit dans le contexte des restrictions imposées par la Guinée sur les exportations d’or brut, dans le cadre de la même volonté de maintenir la transformation sur le territoire plutôt que d’expédier à l’étranger des matières non raffinées.

Lecture : deux volets d’une même feuille de route

Les deux annonces ne concernent pas le même projet, mais relèvent de la même stratégie appliquée à des minerais différents et selon des calendriers différents. Sur la bauxite, la Guinée dispose d’une relation commerciale signée et opérationnelle, et cherche désormais à savoir si cette relation peut s’étendre à des investissements dans le raffinage et l’énergie. Sur l’or, la Guinée a pris un engagement public assorti d’une échéance précise et d’une capacité annoncée, mais la raffinerie elle-même n’a pas encore ouvert. L’un est un accord déjà en cours, dont on teste le potentiel d’extension ; l’autre est une promesse d’infrastructure nationale qui reste encore à concrétiser.

Pris ensemble, ils décrivent un gouvernement qui tente d’avancer simultanément sur les deux fronts : sécuriser des débouchés et des financements pour les exportations de matières premières là où les capacités de raffinage n’existent pas encore, tout en s’efforçant de développer ces capacités sur le territoire là où cela est possible. La solidité de cette combinaison dépendra de l’exécution, ce qu’aucun de ces titres ne peut à lui seul trancher.

Points à surveiller

Deux indicateurs distincts mais liés : si la relation avec Glencore débouche dans les prochains mois sur un engagement concret d’investissement dans l’alumine ou l’énergie, et si la Nimba Gold Refinery ouvre bien selon le calendrier annoncé au lieu de prendre du retard, comme cela a parfois été le cas pour des annonces comparables dans le secteur minier guinéen.