La 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17 de la CNULCD) s’est ouverte lundi à Oulan-Bator, en Mongolie, et se tiendra jusqu’au 28 août sous le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir ». Elle réunit des délégués des 197 parties à la convention, aux côtés de chefs d’État, de ministres, d’institutions financières et de groupes de la société civile, pour négocier la prochaine phase de l’action mondiale contre la dégradation des terres et la sécheresse.
La Mongolie accueille l’événement en tant que premier pays d’Asie de l’Est ou d’Asie centrale à organiser une COP de la CNULCD, et sa propre situation — près de 77 % de son territoire étant dégradé — donne le ton. Mais pour le public de TMG, le fil pertinent n’est pas la Mongolie. C’est ce que le sommet signifie pour le Sahel, où la dégradation des terres n’est pas une projection mais une réalité vécue : près de 80 % des terres de la région sont déjà dégradées, on estime que 33 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire, et les températures devraient augmenter de 3 à 5 degrés Celsius d’ici 2050.
C’est dans ce contexte que la Grande Muraille Verte, l’initiative panafricaine visant à restaurer un corridor du Sénégal à Djibouti, se trouve au cœur de ce que les délégations ouest-africaines chercheront à faire avancer à Oulan-Bator. L’objectif de l’initiative à l’horizon 2030 est de restaurer 100 millions d’hectares à travers le Sahel. Le financement raconte une histoire plus difficile. Le Sommet One Planet de 2021 a mobilisé environ 14,2 milliards de dollars de promesses en faveur de la Muraille, face à un besoin estimé à 33 milliards de dollars pour l’achever. Des acteurs régionaux se sont réunis à Djibouti en mai pour faire le point sur la mise en œuvre en 2025 et aligner les priorités pour 2026 spécifiquement en amont de cette COP, signe que la concrétisation des financements, et non de nouvelles promesses, constitue cette fois la question la plus pressante.
Le programme offre un indicateur concret à surveiller. L’agence nationale de reboisement du Sénégal a prévu un événement parallèle à la COP17 sur son Programme intégrateur de la Grande Muraille Verte, présenté sous l’angle de la mobilisation de partenariats et d’investissements pour la restauration des terres et la résilience des communautés. Une autre session, organisée par l’Observatoire du Sahara et du Sahel, porte sur le passage des engagements de neutralité en matière de dégradation des terres à ce qu’il qualifie d’investissement transformateur. La question de savoir si ces sessions débouchent sur des engagements de décaissement, plutôt que sur de nouvelles déclarations de coordination, est ce qui déterminera si cette COP dépasse le schéma des éditions précédentes.
Ce que TMG devrait suivre au cours des deux semaines : toute nouvelle annonce chiffrée de financement spécifiquement destinée à la Grande Muraille Verte, la capacité des gouvernements ouest-africains à obtenir des engagements distincts des promesses plus générales faites dans le cadre de la CNULCD, et la publication par le nouvel Observatoire de la Grande Muraille Verte de données vérifiables sur le nombre d’hectares restaurés à ce jour, sachant que le suivi des progrès de l’initiative a historiquement pris du retard par rapport à ses annonces de financement. Les résultats d’une COP restent provisoires tant qu’ils ne sont pas traduits en accords de financement signés ; TMG devrait considérer tout chiffre mis en avant depuis Oulan-Bator comme une annonce à vérifier, et non comme un décaissement confirmé.