Le partenariat entre les entreprises et le gouvernement en Afrique du Sud passe à la phase 3 et ajoute les secteurs minier et agricole à l’agenda des réformes

Le signal : une coalition de réforme élargit son mandat

Le partenariat gouvernement-entreprises formé en Afrique du Sud en 2023, structuré autour d’une coordination entre la Présidence, Business Unity South Africa, Business Leadership South Africa et d’autres organismes connexes du secteur privé, est entré dans ce que ses coordinateurs décrivent comme la phase 3. Selon les déclarations publiques du partenariat, cette étape étend le modèle au-delà de ses domaines d’intervention initiaux, l’énergie et la logistique, pour inclure les secteurs minier et agricole. Le partenariat attribue à ses phases antérieures une contribution à la suspension des coupures de courant tournantes et au retrait de l’Afrique du Sud de la liste grise du Groupe d’action financière en 2025. Ces deux résultats sont documentés publiquement et vérifiables de manière indépendante à travers les données opérationnelles d’Eskom et l’annonce officielle de retrait de liste du GAFI, bien que la contribution causale précise du partenariat à l’un ou l’autre de ces résultats reste difficile à isoler des interventions parallèles de l’État, notamment le propre plan de redressement de la maintenance d’Eskom et les réformes de conformité pilotées par le Trésor et liées à la loi sur le Centre de renseignement financier.

Contexte : ce que les deux premières phases ont réellement produit

La phase 1 s’est concentrée sur la crise de l’électricité ainsi que sur la logistique ferroviaire et portuaire, en s’appuyant sur des structures telles que le Comité national de crise énergétique et sur l’engagement avec Transnet. La phase 2 s’est étendue à la prestation de services des collectivités locales ainsi qu’à la criminalité et à la corruption, des domaines plus directement liés au plan d’action du GAFI que l’Afrique du Sud devait achever. Ce que ces deux phases ont en commun, c’est une logique opérationnelle partagée : elles visaient des problèmes sur lesquels l’État conservait un contrôle opérationnel direct, qu’il s’agisse de la capacité de production, de la planification portuaire ou de la législation en matière de conformité, et où l’apport technique et financier du secteur privé pouvait accélérer une solution déjà définie. Cette distinction est importante pour évaluer la phase 3, car les secteurs minier et agricole ne présentent pas cette même structure.

Le test analytique : pourquoi les secteurs minier et agricole constituent une catégorie de problème différente

Les contraintes du secteur minier en Afrique du Sud se concentrent sur les retards accumulés dans le traitement des permis au sein du Department of Mineral Resources and Energy, sur les délais d’octroi des licences d’utilisation de l’eau administrés séparément par le Department of Water and Sanitation, ainsi que sur les files d’attente pour le raccordement au réseau électrique, qui restent partiellement non résolues malgré les améliorations de la production. L’agriculture est confrontée à un ensemble distinct de frictions, notamment l’incertitude entourant la réforme foncière, les différends sur l’allocation de l’eau, ainsi que les exigences de biosécurité et de conformité à l’exportation liées à des partenaires commerciaux tels que l’Union européenne. Contrairement aux coupures de courant tournantes, dont la solution était principalement technique et centralisée autour du parc de production d’Eskom, ou au processus du GAFI, dont les exigences constituaient une liste définie d’actions législatives et d’application, les goulets d’étranglement dans les secteurs minier et agricole sont répartis entre plusieurs ministères, autorités provinciales et, dans le cas de l’agriculture, des processus contestés de tenure foncière. Cela suggère que la phase 3 exige un type de coordination différent : non pas accélérer une solution connue, mais concilier des mandats réglementaires qui se chevauchent et qui persistent sans résolution depuis plus d’une décennie.

Cadre institutionnel et financier

À ce stade, le partenariat n’a pas publié de calendrier détaillé de mise en œuvre, de structure de financement ni d’objectifs mesurables spécifiques aux secteurs minier et agricole comparables aux indicateurs de capacité de production utilisés pour suivre la phase énergétique. Business Unity South Africa et des organismes alliés ont indiqué que le rôle du secteur privé consistera à fournir des détachements techniques et un soutien en gestion de projet aux départements gouvernementaux, un modèle cohérent avec les phases antérieures. Ce qui reste à confirmer, c’est de savoir si cette structure de soutien technique dispose de l’autorité nécessaire pour imposer une prise de décision plus rapide entre des départements qui ne rendent pas compte à un organisme de coordination unique, comme c’était le cas d’Eskom pendant la crise énergétique. En l’absence d’une lettre de mandat publique ou d’un protocole d’accord précisant les droits décisionnels, l’influence du partenariat sur les délais d’octroi des permis et sur les licences d’utilisation de l’eau en particulier doit être considérée comme une intention plutôt que comme un mécanisme établi.

Implications pour les parties prenantes

Pour les investisseurs miniers, la question pertinente est de savoir si la phase 3 se traduit par une réduction mesurable de l’arriéré dans le traitement des droits miniers et des autorisations environnementales, un sujet que le Minerals Council South Africa a soulevé à plusieurs reprises dans ses propres rapports sur les retards du système cadastral. Pour les exportateurs agricoles, le test consiste à savoir si les licences d’utilisation de l’eau et l’incertitude liée au foncier se réduisent suffisamment pour débloquer des dépenses d’investissement retardées dans l’irrigation et les capacités de transformation. Pour les départements gouvernementaux concernés, le partenariat représente à la fois une opportunité de s’appuyer sur les capacités du secteur privé et une question de gouvernance : des experts détachés du secteur privé intégrés à des processus réglementaires soulèvent des considérations de conflit d’intérêts moins aiguës lors de la phase énergétique, où le rôle du privé consistait principalement à fournir de la capacité de production plutôt qu’à statuer sur des licences. Pour la Présidence, la crédibilité de la phase 3 dépendra de la question de savoir si d’éventuels premiers succès sont documentés avec le même degré de précision que celui utilisé pour suivre la réduction des coupures de courant tournantes, exprimée en heures par jour, ou la conformité au GAFI, présentée sous forme de liste de contrôle par rapport à un plan d’action défini.

Ce qu’il faut surveiller

Trois indicateurs permettraient de clarifier si la phase 3 fonctionne comme prévu plutôt que de servir de simple changement d’étiquette pour des efforts ministériels existants. Premièrement, le fait que le partenariat publie ou non des objectifs spécifiques à chaque département concernant les délais de traitement des permis miniers, comparables au niveau de transparence appliqué au facteur de disponibilité énergétique d’Eskom pendant la phase 1. Deuxièmement, le fait que d’éventuelles réformes des licences d’utilisation de l’eau soient formellement adoptées plutôt que de rester à l’état de discussion, étant donné que cette question est signalée par les organisations minières et agricoles depuis plusieurs années sans résolution. Troisièmement, le fait que le rôle du secteur privé soit défini avec des limites explicites en matière de prise de décision, en particulier lorsque des experts détachés interagissent avec des processus d’approbation réglementaire, afin d’éviter toute ambiguïté sur la responsabilité. Tant que ces éléments ne sont pas confirmés, la phase 3 doit être interprétée comme une extension de l’intention plutôt que comme une extension démontrée de la capacité de mise en œuvre observée dans les phases énergétique et de conformité financière.