Le FMI clarifie la méthodologie d’analyse de viabilité de la dette sous-jacente au programme de 2,2 milliards de dollars du Sénégal

Le Fonds monétaire international prépare son analyse de viabilité de la dette pour le Sénégal selon le cadre « actuel » applicable aux pays à faible revenu, a confirmé un porte-parole du FMI dans des commentaires écrits à Bloomberg publiés le 14 septembre 2026, selon SenePlus.

Ce qui a été clarifié

Le porte-parole a indiqué que l’analyse de viabilité de la dette (AVD) tiendra également compte des implications d’un éventuel passage à un cadre révisé, dont l’entrée en vigueur est attendue pendant la période couverte par le nouveau programme du Sénégal. Cette clarification faisait suite aux questions sur la méthodologie qui régirait l’évaluation sous-tendant le paquet de financement de 2,2 milliards de dollars approuvé au niveau des services le 1er septembre 2026, un accord de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit d’un montant de 1 537,1 millions de DTS, soit l’équivalent de 475 % de la quote-part du Sénégal au FMI, selon Afrik.com.

Pourquoi la méthodologie importe

Le cadre de l’AVD détermine la manière dont le FMI classe le risque de surendettement d’un pays, ce qui influe ensuite sur la nécessité, ou non, d’une restructuration explicite parallèlement à un nouveau financement, ou sur le fait qu’une consolidation budgétaire progressive soit jugée suffisante. La directrice de la communication du FMI, Julie Kozack, a déclaré lors d’un point de presse le 10 septembre 2026 que l’accord au niveau des services conclu le 2 septembre doit encore être approuvé par la direction du FMI et par le Conseil d’administration, et a confirmé que le Sénégal peut accéder au financement du Fonds même si les discussions avec ses créanciers extérieurs se poursuivent en parallèle, selon SenePlus. Elle a toutefois ajouté que la durée et les modalités de tout traitement de la dette relèvent du Sénégal et de ses créanciers, et non d’une décision du FMI lui-même.

Le contexte

Le FMI estime la dette du secteur public sénégalais à 132 % du PIB à la fin de 2024. Ce chiffre reflète un scandale de « dette cachée » apparu après le changement de gouvernement d’avril 2024 : un audit de la Cour des comptes, publié en février 2025, a conclu que les données budgétaires avaient été falsifiées sous l’administration précédente, ce qui a conduit le FMI à geler son programme antérieur et le Sénégal à lancer un audit complet des arriérés en juillet 2025. La mission ayant abouti au nouvel accord au niveau des services était dirigée par Mercedes Vera Martin et s’est déroulée à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026.

Les acteurs

Les négociations impliquent l’équipe de mission du FMI, le ministère des Finances du Sénégal et le Comité national de la dette publique, ainsi que les créanciers extérieurs du Sénégal, officiels et commerciaux, dont la piste de négociation distincte détermine les modalités du traitement de la dette évoquées par Kozack. Le nouveau programme vise à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, et à accroître les dépenses sociales.

L’implication

L’absence, à ce stade, d’exigence explicite de restructuration attachée à l’accord avec le FMI peut être interprétée comme un signal que le Fonds considère encore qu’un retour progressif à la viabilité est possible grâce à la mobilisation des recettes intérieures, à un renforcement de la gouvernance des finances publiques et à une consolidation budgétaire, plutôt qu’à une décote obligatoire. Cette lecture, évoquée dans une analyse de FinancialAfrik, ne signifie pas pour autant que les risques liés à la dette ont disparu.

Ce qui reste incertain

Le Conseil d’administration du FMI n’a pas encore approuvé le programme, de sorte qu’aucun financement n’a été décaissé. Les modalités précises du futur cadre révisé de l’AVD, ainsi que la manière dont sa transition sera prise en compte dans le cas spécifique du Sénégal, n’ont pas été publiées. Par ailleurs, les négociations du Sénégal avec ses créanciers extérieurs sur le traitement de la dette se poursuivent sur une voie distincte, sans calendrier rendu public. L’approbation du Conseil, le contenu du cadre révisé une fois appliqué, ainsi que toute annonce parallèle des créanciers, sont les prochains éléments à surveiller.