Trois chefs d’État ouest-africains, Julius Maada Bio de Sierra Leone (président sortant de la CEDEAO), Bassirou Diomaye Faye du Sénégal et Adama Barrow de Gambie, aux côtés du président de la Commission de la CEDEAO, ont inauguré la nouvelle base logistique du bloc à Lungi le samedi 18 juillet, la veille de l’ouverture à Freetown du 69e sommet des chefs d’État.
L’installation, financée par la CEDEAO, s’étend sur 12 hectares et a été conçue pour abriter et gérer les équipements militaires de l’organisation, une capacité présentée comme centrale pour la sécurité régionale.
Le projet a été livré dans les délais par une entreprise guinéenne, SOGEFEL (Société Générale Fella). Son PDG, Elhadj Sékou Kaké, a présenté ce contrat comme la preuve que son entreprise peut désormais soumissionner à des appels d’offres internationaux, les remporter et les exécuter selon des standards mondiaux, un succès qu’il a attribué à la discipline opérationnelle, aux capacités techniques et financières, ainsi qu’à un personnel qualifié. Il a également lié cette réussite transfrontalière à la dynamique du programme « Simandou 2040 » de la Guinée, réaffirmant l’engagement de SOGEFEL envers cette vision.
À bien distinguer : il s’agit d’un contrat de construction remporté et exécuté par une entreprise privée guinéenne, et non d’un projet d’État ou d’un investissement guinéen dans une infrastructure sierra-léonaise. La base elle-même appartient à la CEDEAO et est financée par elle.
Lecture : au-delà du symbole régional, cela s’inscrit dans une tendance plus large que Conakry pousse depuis des mois, consistant à faire de l’expertise du secteur privé guinéen, notamment dans la construction et les infrastructures, une capacité d’exportation au-delà des frontières nationales, parallèlement aux grands chantiers toujours en cours dans le pays dans le cadre de Simandou 2040.
À surveiller : si SOGEFEL ou d’autres entreprises guinéennes de construction décrochent d’autres contrats internationaux dans la sous-région grâce à ce projet de référence, et comment cette vitrine s’articule avec les besoins de construction intérieure, toujours considérables, de Simandou 2040 en Guinée même.