BWCS achève le tunnel du convoyeur CV3 de Simandou et vise l’alimentation de la deuxième ligne d’ici fin novembre

BWCS, la coentreprise de Baowu Resources et Winning Consortium Holdings à Simandou, affirme avoir achevé le tunnel du convoyeur CV3 le 29 septembre 2026. L’entreprise vise désormais à alimenter son usine de traitement depuis la zone minière CS d’ici fin novembre 2026, selon un communiqué de BWCS publié par Guinéenews sous forme de contenu sponsorisé le 1er octobre.

Ce que rapporte BWCS

Le tunnel CV3 mesure 1 936 mètres de long. Il accueillera un convoyeur à bande longue distance acheminant directement le minerai depuis la zone minière CS jusqu’à l’usine de traitement, selon BWCS.

L’entreprise décrit un terrain difficile. Près de la moitié du tracé traverse un terrain de classe V, le niveau de stabilité le plus faible, composé principalement de phyllites fortement altérées, de grès fins et de siltites. Les 100 derniers mètres combinaient de fortes arrivées d’eau souterraine, une roche qui se désagrège au contact de l’eau et quatre zones de faille successives.

BWCS indique que les travaux ont duré 27 mois, avec une progression par courtes passes et un soutènement immédiat. L’entreprise fait état de plus de 10 000 mètres de tubes de présoutènement, de plus de 200 cintres en acier, de plus de 3 000 m³ de béton projeté, ainsi que de plus de 13 000 tonnes de ciment et 350 tonnes de silicate de sodium injectées pour stabiliser la roche et maîtriser les venues d’eau.

Pourquoi le tunnel est important pour la montée en puissance

CV3 fait partie de la deuxième ligne de traitement de la mine. BWCS affirme que le tunnel devait être achevé avant que cette ligne puisse être alimentée et avant que la montée en puissance globale de la mine puisse se poursuivre. L’installation du convoyeur peut désormais commencer.

L’entreprise décrit deux lignes à des stades différents. Selon BWCS, la première ligne fonctionne de manière stable tandis que la construction de la seconde s’accélère. La production a commencé le 11 novembre 2025, lorsque le premier navire de minerai est parti.

L’actionnariat de l’opérateur a également changé. Reuters a rapporté que Baowu Resources a porté sa participation dans Winning Consortium Simandou de 49 % à 51 %, prenant le contrôle de l’opérateur des blocs 1 et 2. La société mère comme la filiale guinéenne ont été rebaptisées Baowu Winning Consortium Simandou, avec une finalisation prévue pour le 30 janvier 2026. Les blocs 1 et 2 partagent les infrastructures ferroviaires et portuaires avec Simfer de Rio Tinto, et les deux pôles miniers peuvent expédier jusqu’à 120 millions de tonnes par an au total.

Pour la Guinée, le calendrier de la deuxième ligne de BWCS influe sur la rapidité avec laquelle les volumes de Simandou se rapprochent de ce plafond, et avec eux les recettes publiques liées aux exportations.

Ce que le communiqué ne dit pas

L’annonce donne des détails techniques mais aucun chiffre de production. Elle ne précise ni la capacité de la deuxième ligne, ni les volumes actuels de production ou d’expédition, ni le coût du projet à ce jour.

La source doit aussi être lue pour ce qu’elle est. Guinéenews a publié le texte comme contenu sponsorisé et précise qu’il n’engage pas le média. Au 2 octobre 2026, TMG n’avait trouvé aucune confirmation indépendante de la part de Baowu, de Winning, du ministère des Mines ou d’autres médias.

Questions ouvertes à vérifier :

  • Quel débit supplémentaire la deuxième ligne apportera-t-elle, et quand BWCS s’attend-elle à ce qu’elle atteigne sa capacité nominale ?

  • Combien de minerai les blocs 1 et 2 ont-ils expédié depuis novembre 2025 ?

  • L’objectif de fin novembre couvre-t-il seulement le premier approvisionnement, ou bien un fonctionnement stable du convoyeur CV3 ?

Ce qu’il faut surveiller

Le premier test est l’objectif de fin novembre 2026 pour alimenter l’usine de traitement depuis la zone CS. Le fait que BWCS l’atteigne ou non, et qu’elle communique ou non des volumes à cette occasion, montrera si la deuxième ligne passe de la construction à la production.

Le second test est la transparence. Des données d’expédition de Baowu, des statistiques portuaires ou des informations des autorités guinéennes permettraient de mesurer la montée en puissance avec des chiffres. Pour la Guinée, ces volumes déterminent les recettes minières dont dépend Simandou 2040.