Cérémonie officielle, forum économique, panels sur la digitalisation, l’économie circulaire et le financement, et lancement de SIA Talent : la 5e édition du Salon des Infrastructures d’Abidjan a réuni pendant trois jours les acteurs du secteur autour d’un objectif unique, construire les infrastructures de demain.
Le Parc des Expositions d’Abidjan s’est animé du 17 au 19 septembre à l’occasion de la 5e édition du Salon des Infrastructures d’Abidjan (SIA). Organisée autour du thème « Digitalisation, économie circulaire et gestion durable des ressources dans la construction », cette édition a rassemblé ministres, chefs d’entreprise, investisseurs, jeunes talents et partenaires techniques et financiers autour des grands défis auxquels est aujourd’hui confronté le secteur du BTP et des infrastructures. Entre lancement officiel, échanges sur la transformation numérique, opportunités d’affaires, partage d’expertise et démonstrations techniques, SIA 2026 a vécu trois jours comme un espace de dialogue entre les enjeux, les solutions et les acteurs du secteur.
Une cérémonie sous haut patronage
L’ouverture officielle s’est tenue en présence du Premier ministre et chef du gouvernement de Côte d’Ivoire, Robert Beugré Mambé, qui a placé cette édition sous son patronage. Il était accompagné de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier, Amadou Koné, ainsi que d’une importante délégation guinéenne conduite par le ministre des Infrastructures, Fassiné Sylla. La Guinée était en effet le pays invité d’honneur de cette cinquième édition, un choix qui traduit la volonté du GIBTP de renforcer les liens entre les secteurs privés ivoirien et guinéen, notamment à travers l’accord de coopération signé en juin 2026 entre le GIBTP et la Confédération Générale des Entreprises de Guinée.
Dans son allocution, le Premier ministre a rappelé le poids du secteur dans l’économie nationale : la construction représente environ 6 % du PIB de la Côte d’Ivoire. Il est revenu sur les investissements réalisés depuis 2015, soit plus de 7 500 milliards de francs CFA injectés dans les routes, les ports, le rail et les aéroports, tout en soulignant la nécessité d’impliquer davantage le secteur privé dans les grands projets à venir, notamment à travers le Plan national de développement 2026-2030, qui consacre 38 756 milliards de francs CFA aux infrastructures.
Le Commissaire général, architecte d’un rassemblement de décideurs
Véritable cheville ouvrière de l’organisation, le Commissaire général du SIA, Ismaël Boga N’Guessan, a porté la vision de cette édition durant les trois jours. Pour lui, la valeur du salon réside précisément dans sa capacité à réunir en un même lieu tous les niveaux de décision : « Le SIA, c’est l’opportunité de rencontrer, en un seul lieu, tous les acteurs, les décideurs et les opportunités qui font avancer le secteur des infrastructures. » Une ambition que le programme de cette édition, ses panels, son forum économique, ses rencontres B2B et B2G, ainsi que l’arène des équipements, ont pleinement concrétisée.
Un salon aux véritables enjeux économiques
Au-delà des discours, SIA 2026 s’est aussi affirmé comme une plateforme d’affaires. Le GIBTP et Axes Marketing, coorganisateurs de l’événement depuis sa création en 2014, avaient annoncé en amont plus de 5 000 visiteurs qualifiés, professionnels du bâtiment, des routes, de l’électricité, de l’eau et de l’assainissement, ainsi que des télécommunications, les quatre réseaux au cœur de cette édition. L’exposition s’étendait sur une superficie totale d’environ 19 000 m², dont 5 000 m² dédiés à l’exposition corporate premium, 10 000 m² pour l’exposition extérieure d’équipements et 4 000 m² pour les démonstrations en direct dans l’Arena.
Plusieurs grands noms du secteur ont fait le déplacement sur les stands. Parmi les entreprises et groupes présents figuraient notamment le Groupe Porteo, PFO Construction, le cimentier Dangote et Bernabé, aux côtés d’acteurs institutionnels et techniques comme la SOTACI, le BNETD, le CNP-PPP et Artemis Construction et Travaux. Leur présence souligne le statut du SIA comme rendez-vous incontournable pour les industriels, fournisseurs d’équipements, bureaux d’études et sponsors du secteur de la construction en Afrique de l’Ouest, qui ont mis à profit ces trois jours pour présenter leurs solutions, nouer des contacts et explorer des opportunités de partenariat entre opérateurs ivoiriens et guinéens.
La Guinée, invitée d’honneur, a appelé à un renforcement de la coopération
Pour cette édition placée sous le signe de son invité d’honneur guinéen, le vice-président du patronat guinéen, Ismaël Keïta, représentant la Confédération Générale des Entreprises de Guinée, a prononcé un discours très remarqué sur les perspectives de coopération entre les deux pays. Il a évoqué les défis structurels qui pèsent sur le secteur en Afrique de l’Ouest, rappelant que, selon la BAD, les besoins du continent en infrastructures s’élèvent entre 130 et 170 milliards de dollars par an, avec un déficit de financement estimé à 60 milliards de dollars.
Mettant en avant les atouts de son pays, il a présenté le programme Simandou 2040, stratégie de transformation socio-économique de la Guinée, d’un coût total de 200 milliards de dollars, dont 70 % devraient provenir du secteur privé. Un message d’ouverture et de partenariat qu’il a résumé en saluant l’esprit de cette édition : « de nouvelles perspectives de partenariat, des protocoles d’accord ou de nouvelles relations se tissent » à l’occasion de ce salon, entre opérateurs des deux pays. Il a également souligné que le secteur privé guinéen était venu non seulement pour s’inspirer de l’expérience ivoirienne, mais aussi pour apporter son propre savoir-faire, déclarant être venu « offrir ses atouts dans le secteur de la construction ».
Trois jours, quatre panels et un fil conducteur : le numérique
Dès le premier jour, un forum économique consacré aux opportunités d’affaires dans la construction a ouvert les échanges, suivi du tout premier panel de l’édition, consacré à la digitalisation et à la transformation numérique de la construction en Afrique, entre défis et opportunités, avec la participation d’experts de haut niveau.
La deuxième journée a donné lieu à deux panels, l’un sur l’économie circulaire et la valorisation des déchets et matériaux dans la construction, l’autre sur la gestion durable des ressources et l’efficacité énergétique. Cette journée a également été marquée par des rencontres B2G entre entreprises et membres des gouvernements ivoirien et guinéen, ainsi que par des rencontres B2B entre opérateurs des deux pays. La troisième et dernière journée a accordé une place particulière aux politiques publiques, au financement et à la jeunesse, avec un quatrième panel consacré aux normes et au financement pour un secteur de la construction durable et digitalisé, suivi de la remise des prix du concours SIA Talent et des SIA Digital Awards.
Le lancement de SIA Talent, tourné vers la jeunesse
Grande nouveauté de cette édition, le programme SIA Talent a été officiellement lancé dès le premier jour, à la suite de la cérémonie d’ouverture. Présenté comme une initiative phare de cette édition, il proposait un hackathon, des masterclasses sur le secteur de la construction et des sessions de job dating destinées à mettre en relation les jeunes talents avec les besoins en compétences des entreprises. Un signal fort de la part des organisateurs, qui souhaitaient faire de ce salon un tremplin pour l’emploi et la formation dans un secteur en pleine mutation technologique, avant que les lauréats ne soient récompensés lors de la cérémonie de clôture du samedi.
Au fil des trois jours, le programme a également été rythmé par des démonstrations d’équipements à l’Equipment Arena, mettant en valeur les machines et l’expertise des entreprises exposantes, en parallèle d’une exposition-vente. Autant d’éléments qui ont confirmé l’ambition du SIA d’aller au-delà d’un simple salon professionnel pour devenir, comme l’avait souhaité le Premier ministre ivoirien dès l’ouverture, « un espace de réflexion, d’innovation, de réseautage d’affaires et surtout de concrétisation effective des partenariats ».