Afreximbank a indiqué que son produit net d’intérêts a augmenté de 22 % pour atteindre 1,0 milliard de dollars au cours des six mois clos le 30 juin 2026, contre 0,84 milliard de dollars sur la même période l’an dernier, tandis que le revenu brut progressait de 13 % à 1,8 milliard de dollars. Le premier vice-président exécutif de cette institution panafricaine de financement du commerce, Denys Denya, a présenté ces résultats sous l’angle de la résilience plutôt que de la croissance pour elle-même, affirmant que le « bilan solide du Groupe nous donne la capacité de réagir lorsque les marchés sont perturbés, tout en continuant à financer le commerce, l’industrialisation et l’investissement qui sous-tendent une résilience économique à plus long terme ».
Les chiffres du premier semestre prolongent une tendance déjà visible dans les résultats du T1 2026 de la banque, publiés en mai, qui faisaient état d’un bénéfice net en hausse de 25 % à 268,9 millions de dollars et d’une exposition totale au crédit atteignant 42 milliards de dollars. Le rendement des capitaux propres moyens s’était amélioré à 13 %, contre 12 % un an plus tôt, et le ratio de solvabilité s’élevait à 23 %, nettement au-dessus des minimums réglementaires. La banque a également annoncé un dividende total de 397 millions de dollars pour le semestre, dont 347 millions de dollars reviennent directement aux actionnaires et 50 millions de dollars sont spécifiquement mis de côté pour financer le Guichet de financement concessionnel de la banque, un détail qui montre que l’institution considère une partie de son bénéfice comme un apport direct à un financement moins coûteux pour sa mission de développement, et non uniquement comme un rendement pour les actionnaires.
Ce qui distingue cette période de publication d’une simple mise à jour des résultats est la référence explicite à un Programme de réponse à la crise du Golfe de 10 milliards de dollars, présenté comme une illustration du « rôle contracyclique » d’Afreximbank. Dans ses commentaires, Denya a directement mentionné des « risques géopolitiques accrus ». Pour le public de TMG, c’est ce détail qu’il convient de retenir : un mécanisme de 10 milliards de dollars lancé en réponse directe à l’instabilité dans la région du Golfe constitue un pari selon lequel les flux commerciaux africains et caribéens exposés à cette instabilité, les importations d’énergie, les routes maritimes et les couloirs de transferts de fonds ont besoin d’un amortisseur dès maintenant, et non d’une annonce routinière de liquidité. L’intégration régionale a également progressé cette année, avec la ratification en février par l’Afrique du Sud de l’Accord portant création de la banque, donnant à Afreximbank ce qu’elle décrit comme une couverture continentale complète.
Pour les économies ouest-africaines en particulier, Afreximbank joue le rôle de principal filet de sécurité pour le financement du commerce là où les banques commerciales sont réticentes ou absentes, notamment pour les petits exportateurs et les transactions transfrontalières dans des monnaies que les prêteurs commerciaux considèrent comme à haut risque. Une banque dont l’exposition au crédit s’accroît et dont la qualité des actifs reste solide (ratio de prêts non performants maintenu autour de 2,4 %) est une banque encore disposée à fournir ce filet de sécurité. Une banque qui se replie resserrerait la liquidité commerciale précisément là où les alternatives sont les plus limitées.
À surveiller : la manière dont le Programme de réponse à la crise du Golfe de 10 milliards de dollars est effectivement décaissé et les pays ou secteurs auxquels il est destiné, puisque l’annonce elle-même ne fournit aucun détail sur sa répartition ; si l’ajout de 50 millions de dollars au Guichet de financement concessionnel se traduit par un financement sensiblement moins coûteux pour les États membres à faible revenu ; et si la qualité des actifs se maintient au second semestre 2026 à mesure que les risques géopolitiques évoqués par Denya continuent de se matérialiser.