Le ministère guinéen de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale a lancé, le lundi 21 juillet, à Conakry, l’Accélérateur mondial pour l’emploi, la protection sociale et les transitions justes, une initiative de l’ONU que la Guinée a rejointe en juin 2024. Le projet, financé à hauteur de 1,5 million de dollars mobilisés par le Fonds pour les objectifs de développement durable, s’étend sur 18 mois et sera mis en œuvre par la Banque mondiale, le PNUD et l’Organisation internationale du Travail.
Le ministre Mory Condé a présenté l’initiative comme le prolongement social de Simandou 2040 plutôt que comme un programme parallèle, estimant que la transformation économique et la politique sociale doivent relever d’une seule ambition nationale. Le travail doit aboutir à un diagnostic de la situation de la Guinée en matière d’emploi et de protection sociale, suivi d’une feuille de route articulée autour de la création d’emplois décents, de l’extension de la protection sociale, de l’inclusion des jeunes et des femmes, du développement des compétences et de la formalisation de l’économie.
Le coordonnateur résident des Nations unies en Guinée, Diego Zorrilla, a décrit l’adhésion du pays à l’Accélérateur mondial, effective depuis juin 2024, comme un signe de volonté politique de placer le travail décent et l’inclusion sociale au cœur de la transformation économique nationale.
À distinguer : à ce stade, il s’agit d’un projet de diagnostic et d’élaboration de feuille de route, et non encore d’un programme de mise en œuvre à grande échelle. Les 1,5 million de dollars financent 18 mois d’appui technique, et non des dépenses sociales directes.
Lecture : le ministre a explicitement lié la dimension sociale à Simandou, soutenant que la véritable richesse du projet ne se mesure pas seulement en tonnes de minerai exporté, mais aussi en emplois créés et en compétences transmises. Cette approche vise spécifiquement le secteur informel, qui regroupe l’essentiel de la population active guinéenne et reste largement en dehors des dispositifs actuels de protection sociale.
À surveiller : le contenu de la feuille de route nationale une fois la phase de diagnostic achevée, et la question de savoir si des mécanismes concrets d’extension de la protection sociale aux travailleurs du secteur informel passeront de l’intention à des programmes opérationnels.